Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


samedi, 27 novembre 2021

 
 

 

Sous la pression du gouvernement et des médias d’État chinois, le plus grand syndicat enseignant de Hong Kong s’auto-dissous

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Déclaration de la confédération HKCTU, suite à la décision du syndicat enseignant HKPTU de se dissoudre

Hong Kong Professional Teachers’ Union (HKPTU) a annoncé aujourd’hui sa décision de se dissoudre. HKPTU a subi récemment d’énormes pressions politiques avant d’arriver à cette décision, que nous comprenons et respectons.

Les attaques persistantes contre HKPTU comprennent l’intimidation politique des médias d’État ainsi que la fin brutale du partenariat par le Bureau de l’éducation au cours des dernières semaines. Les attaques continues qui ont suivi ont finalement conduit à la dissolution forcée de HKPTU, victime de l’attaque du gouvernement contre la liberté d’association.

La dissolution forcée de HKPTU constitue incontestablement une atteinte considérable à la promotion des droits des enseignant.es, dans la mesure où le secteur de l’Education perd l’organisation la plus représentative, et la plus en mesure défendre les droits des enseignant.es.

Le rétrécissement persistant des libertés dans la société civile et l’atmosphère de terreur qui règne dans la société sont incontestablement préjudiciables au mouvement syndical. Le mouvement syndical n’a jamais eu un chemin facile et un avenir encore plus difficile. Face à une telle adversité, la confédération HKCTU persiste dans ses positions et continue de se faire la porte-parole des travailleurs et travailleuses.

Confédération des syndicats de Hong Kong (HKCTU) - Mardi 10 août 2021


Le Hong Kong Professional Teachers’ Union (HKPTU) a annoncé son auto-dissolution le mardi 10. Avec plus de 95 000 membres, HKPTU était le plus grand syndicat enseignant de Hong Kong, représentant plus de 90 % de la profession.

Cette annonce intervient après que la structure ministérielle hongkongaise "Education Bureau" ait déclaré, le 31 juillet, sa décision de rompre tout lien avec le syndicat, quelques heures après que le syndicat ait été sous le feu des critiques des médias d’État chinois.

  • Le Quotidien du peuple et l’agence Xinhua ont qualifié le syndicat de "tumeur toxique" qui doit être "éradiquée". Un porte-parole du gouvernement de Hong Kong a ensuite accusé le syndicat d’"entraîner les établissements d’enseignement dans la politique", faisant référence à l’organisation par HKPTU d’une grève des enseignant.es lors du Mouvement des parapluies de 2014 et à la publication de matériel pédagogique encourageant la désobéissance civile.

"Nous avons subi une énorme pression", a déclaré le président de HKPTU Fung Wai-wah, lors de la conférence de presse de mardi 10. "Nous comprenons que de nombreux membres ont un lien profond avec le syndicat, et se sentent tristes de la dissolution de HKPTU".

Fung Wai-wah a ajouté que le syndicat s’était efforcé de trouver des moyens de poursuivre ses activités, mais qu’il n’avait toujours pas réussi à trouver des moyens qui "pourraient résoudre la crise."
"Je peux seulement dire que la situation sociale et politique a changé trop vite et trop rapidement, et notre décision a été prise en réponse à ces changements", a déclaré Fung Wai-wah.

Après l’annonce de mardi 10, un salarié de l’un des centres de services de HKPTU a déclaré à HKFP qu’il y avait souvent des files d’attente pour ses services, mais que l’affluence était plus intense ces derniers jours.
La décision d’auto-dissolution a été approuvée à l’unanimité lors d’une réunion du Conseil exécutif du syndicat, le lundi 9 au soir.

Quinze jours de pression

Depuis la déclaration du gouvernement, le syndicat fondé il y a 48 ans a quitté la confédération pro-démocratie des syndicats de Hong Kong (HKCTU) ainsi que l’Internationale de l’éducation (IE), un réseau mondial de syndicats de l’enseignement.
HKPTU s’est également engagé à "se concentrer sur les droits et les intérêts du secteur de l’éducation" à la suite de la décision du gouvernement. Il a également créé un comité de travail chargé de promouvoir l’histoire et la culture chinoises afin d’encourager "l’amour de Hong Kong et de la Chine" chez les étudiant.es.

La loi sur la sécurité nationale, promulguée par Pékin en juin 2020, a jeté un froid parmi les organisations de la société civile, plusieurs d’entre elles se dissolvant purement et simplement.
En juillet, l’Association des avocats progressistes, l’Alliance des enseignants progressistes, le groupe Médecins Inspirés ainsi que les Néo-démocrates ont tous cessé leurs activités.

HKPTU cessera de prendre en compte les nouvelles demandes d’adhésion ainsi que les renouvellements d’adhésion, et cessera de commenter les affaires publiques ou d’y participer, a déclaré le président du syndicat mardi 10.
La structure de HKPTU chargée des droits et des plaintes cessera également d’accepter de nouveaux cas et de nouvelles demandes, mais Fung Wai-wah a déclaré que le syndicat s’efforcera de traiter les cas en cours dès que possible.

Le droit de former des syndicats et d’y adhérer est protégé par la Loi fondamentale, la Charte des droits de Hong Kong et la loi sur la sécurité nationale.

Voir en ligne :
Hong Kong Free Press

Candice Chau
Article paru le 10 août 2021 dans le quotidien en ligne hongkongais Hong Kong Free Press (HKPP)

Traduction en français Union syndicale Solidaires