Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


dimanche, 28 novembre 2021

 
 

 

Pas de libération sous caution, mais une détention immédiate et prolongée pour la présidente de HKCTU

Accueil > International (Fr) > Asie > Pas de libération sous caution, mais une (...)

Nous vous écrivons pour faire le point sur l’affaire des 47 démocrates ayant participé, en juillet 2020, aux primaires pour l’élection au Conseil législatif (LegCo).
Ils/elles ont été arrêté.es le 6 janvier, et accusé.es de conspiration en vue de commettre des actes de subversion.

Parmi eux/elles, Carol Ng, présidente de la Confédération des syndicats de Hong Kong (HKCTU), et Winnie Yu, présidente du syndicat HAEA (Alliance des employé.es de l’administration hospitalière).

La première audience a eu lieu entre le 1er et le 4 mars à propos de la demande de mise en liberté sous caution. Le procès a été ajourné au 31 mai, alors que Carol Ng et Winnie Yu se sont vues refuser la mise en liberté sous caution. En d’autres termes, avant même qu’un long procès ait lieu, elles commencent déjà à purger une peine pendant au moins 3 mois.

En ce qui concerne les dispositions de la loi draconienne sur la sécurité nationale, qui est en vigueur depuis juillet 2020, contrairement à la pratique du droit commun (common law), l’absence de libération sous caution devient la position par défaut. C’est à l’accusé.e de persuader le/la juge qu’il/elle ne sera plus un risque pour la sécurité nationale. Il avait été initialement statué, que 15 des 47 accusé.es, seraient libéré.es sous caution (Carol Ng et Winnie Yu ne faisaient pas partie des 15 personnes concernées).

Les conditions de cette liberté sous caution sont particulièrement sévères, non seulement en ce qui concerne le montant de la caution en liquide, et la fréquence de l’obligation de se présenter aux autorités policières. Est en effet exigé de :

  • 1. Ne faire, ou faire circuler, aucun commentaire, ainsi que ne commettre aucun acte qui pourrait être considéré comme une atteinte à la sécurité nationale ;
  • 2. Ne participer à aucune élection, quels qu’en soient le niveau et l’organisateur ;
  • 3. Ne pas contacter de fonctionnaires et responsables politiques étrangers, ainsi que leurs assistant.es ;
  • 4. Remettre tout document nécessaire pour voyager ;
  • 5. Respecter l’interdiction de voyager et d’observer un couvre-feu à partir de 19 heures tous les soirs.

Le procureur a fait appel de l’octroi d’une libération sous caution à 11 des accusé.es. Ceux/celles-ci sont donc toujours détenu.es avec les 32 autres accusé.es, en attendant l’appel du procureur devant la Haute Cour qui est ajourné au 13 mars au plus tard.

Cette audience de 4 jours a été une véritable torture. Le premier jour d’audience s’est terminé si tard dans la nuit que les accusé.es n’ont pas eu le temps de dormir avant le début de l’audience suivante. Certain.es d’entre eux/elles étaient épuisé.es. Ils/elles se sont effondré.es et ont été hospitalisé.es.

Le soutien moral du public a été limité par le nombre insuffisant de sièges qui lui étaient alloués. Le reste du public, qui attendait à l’extérieur du tribunal, malgré un temps instable tout au long de la semaine, a continué à être harcelé par la police sous prétexte de maintenir la distance sociale.

Les élections primaires visaient à laisser les électeur/trices décider de la liste optimale des candidat.es dans le cadre d’un système de représentation proportionnelle. L’objectif était d’obtenir la majorité lors de l’élection au LegCo, initialement prévue à l’automne dernier, mais qui a été par la suite reportée sous l’excuse de la pandémie. Carol Ng et Winnie Yu se sont présentées aux primaires au nom des syndicats afin de lutter pour les droits des travailleurs/euses et la démocratie.

Comme nous l’avons rappelé dans notre mise à jour précédente, cette procédure était un acte de représailles politiques contre le mouvement démocratique issu des manifestations de 2019 et de la répression politique du mouvement ouvrier à Hong Kong.

En plus des attaques judiciaires, le régime exploite également le report des élections pour minimiser les chances des démocrates de les gagner, en imposant un changement du système électoral à Hong Kong par le biais d’une décision du Congrès national du peuple de Chine [du régime de Pékin].

La réforme prévue vise à garantir à Hong Kong la présence au pouvoir de "patriotes", en écartant les candidat.es que Pékin considère comme antipatriotiques. Elle vise simultanément à attribuer plus de sièges pour les élections indirectes, et moins pour les élections directes où peuvent voter l’ensemble des électeurs/trices.

Il s’agit là d’une régression de la démocratie et d’une menace pour la capacité de survie future des syndicats et autres organisations de la société civile. Davantage de législateurs/trices favorables à Pékin seraient en effet élu.es dans le cadre de ce processus permettant de façonner un paysage politique autoritaire.

Nous vous remercions pour tous les messages de solidarité liés aux récentes mesures répressives à Hong Kong.
Nous avons commencé à contacter le plus de monde possible pour recueillir des messages de solidarité en faveur des démocrates détenu.es.
D’autres mises à jour suivront au fur et à mesure de l’évolution de cette affaire.

Soyons solidaires avec les syndicats et les prisonnier.ières politiques,
qui luttent toutes et tous pour la démocratie et les droits à Hong Kong !

#SolidarityWithHKUnion
#WeLoveFreedominHK

Voir en ligne :
Texte original HKCTU en anglais :

Traduction : Union syndicale Solidaires