Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


mardi, 10 décembre 2019

 
 

 

France/Italie : soutien à Vincenzo Vecchi

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Les organisations membres du Réseau syndical international affirment leur solidarité avec V. Vecchi. Nous reprenons ci-dessous de larges extraits d’un texte du comité de soutien qui s’est mis en place à la suite à son arrestation.
Lors des manifestations contre le G7 de Gênes, l’Etat italien avait usé d’une violence inouïe et répétée ; lors d’une des manifestations, Carlo Giulani a été tué par un policier : aucune charge n’a été retenue contre ce dernier, ni contre l’Etat italien...

Jeudi 8 Août, Vincenzo qui vit à Rochefort en Terre (Morbihan) depuis 8 ans, sans aucune histoire et complètement intégré à la vie locale, est arrêté par la police. Son arrestation à lieu sous mandat d’arrêt européen. Il est emmené au centre de détention de Vézin le Coquet, pour une procédure d’extradition.

Militant italien, Vincenzo a été arrêté par la police après une cavale de plus de 10 ans suite à une condamnation à 12 ans de prison pour avoir participé aux manifestation anti-G8 à Gênes en 2001 et à une manifestation anti-fasciste à Milan en 2006 ! Il risque l’extradition vers l’Italie pour ensuite y purger sa peine !

L’origine des faits :
Vincenzo a participé tout d’abord en 2001 à Gênes à la manifestation contre le G8 et en second lieu en 2006 à Milan à une manifestation anti-fasciste non autorisée. Ce sont ces 2 faits qui lui sont reprochés par la justice italienne. De nombreux militants avaient été arrêtés à Gênes et une quinzaine de personnes avaient été condamnées à des peines lourdes (8 à 15 ans fermes) sous le chef d’inculpation officielle de « Dévastation et saccage ». Vincenzo en faisait partie. Devant cette inculpation injuste et disproportionnée, il décide d’échapper à la prison et arrive alors à Rochefort en Terre […]

Par rapport à la manifestation de Gênes, la répression policière a été condamnée par différentes instances internationales, dont l’une des dernières en 2015 par la Cour Européenne des droits de l’homme. L’Italie a été condamnée pour n’avoir jamais poursuivi en justice, ni même identifié, les auteurs de violences policières contre des militants altermondialistes, en marge du sommet du G8 à Gênes en 2001. Des mauvais traitements pourtant assimilables à des « actes de torture » selon la CEDH. Ce qui bien évidemment peut questionner la légitimité du jugement.

Le chef d’accusation sur lequel est basé le jugement « Dévastation et saccage », est considéré comme un crime contre l’ordre public. Ce crime a été introduit par le code Rocco de 1930 (donc en période fascisante) et est encore en vigueur aujourd’hui pour réprimer les révoltes de rue. Ce code permet de condamner à des peines de prison de 8 à 15 ans, sans avoir à prouver la culpabilité des inculpés. Il est suffisant de se trouver à un endroit où a lieu le désordre… Le contexte de création de ce chef d’inculpation questionne là-encore la légitimité de cette condamnation.

Le caractère éminemment politique de cette arrestation et extradition : en effet, l’extrême droite participe de plus en plus fortement au gouvernement italien. Vincenzo ayant été fortement engagé dans la lutte antifasciste, et les accusations prononcées contre lui étant liées à des actions anti-fascistes, il semble plus qu’évident qu’il servira d’exemple dans cette affaire.

[…] Notre 1er objectif est d’empêcher l’extradition et de retarder la procédure afin de donner le temps pour assurer une vraie défense. Nous espérons qu’il reste en France et ne soit pas « livré » à la justice italienne.

Voir en ligne :
www.comite-soutien-vincenzo.org