Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


samedi, 13 août 2022

 
 

 

Déclaration des étudiant·es des universités de Hong Kong sur la guerre d’invasion menée par la Russie contre l’Ukraine

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Dans un rêve de Russie tsariste et dans le but de rivaliser pour l’hégémonie mondiale, Poutine du Kremlin a officiellement lancé jeudi (24 février) une guerre d’invasion impérialiste contre l’Ukraine. Depuis les révolutions de 1989 en Europe de l’Est, le monde est à nouveau à la croisée des chemins : soit la libération des opprimés, soit l’abîme de la tyrannie barbare. En tant qu’étudiant·es universitaires, regarder le monde tout en étant sur le sol de Hong Kong est l’une de nos responsabilités. Nous aimerions donner des réponses à la crise mondiale comme suit,

I.Insister sur la position anti-guerre
Depuis le début de la guerre, il y a eu différents discours sur l’invasion russe, les chauvins pro-russes ont observé l’escalade de la situation avec joie, les pays occidentaux et l’Asie de l’Est n’ont pris aucune mesure substantielle, et même les Talibans, qui ont écrasé le peuple afghan par la force, se sont comportés en gardiens de la paix et ont appelé à la négociation. L’agression, la guerre civile et le désordre qui s’ensuit ont toujours été les ruses de l’impérialisme, et dans un tel état de chaos, les personnes qui souffrent de la guerre et sont opprimées par différents régimes doivent s’unir une fois de plus, et reconstruire les fronts anti-guerre que nous avons vus autrefois lors de la guerre du Vietnam et de la guerre d’Irak - nous nous opposons non seulement à l’agression militaire commandée par Poutine, mais aussi à l’OTAN, qui a conduit à la crise en Ukraine ; nous sommes solidaires des milliers de manifestants anti-guerre en Russie pour insister sur une position anti-guerre internationaliste.

II. S’opposer à l’attitude hypocrite représentée par les Etats-Unis.
Après le déclenchement de la guerre, les pays occidentaux, menés par les États-Unis, n’ont apporté aucune contribution substantielle à la résolution du conflit, si ce n’est leur condamnation provocatrice de la Russie. Ils ont affirmé qu’il y aurait de graves conséquences après l’invasion militaire offensive de la Russie. Ces condamnations absurdes ont peu d’impact sur les décisions aventureuses de la Russie et ne contribuent guère à un compromis politique équitable. De 1945 à 1989, plus de 300 guerres ont eu lieu dans le monde. Les États-Unis ont lancé à eux seuls 30 opérations militaires majeures, tandis que les Nations unies, dirigées par l’Occident, n’ont pas émis d’opposition ferme à ces opérations invasives. Combien de personnes innocentes et pauvres ont été envoyées sur le champ de bataille ? Qu Qu’ont apporté les condamnations occidentales pendant ces guerres ? Ce dont l’Ukraine a besoin, ce n’est définitivement pas des chèques en bois que la société occidentale émet depuis le siècle dernier. Ce dont l’Ukraine a besoin, c’est d’un soutien substantiel qui vise à un accord politique équitable et durable prenant en considération le bien-être de tous les citoyens ukrainiens.

III. Soutenir l’autodétermination du peuple ukrainien
Entre le chauvinisme grand-russe et les ambitions expansionnistes de l’OTAN, c’est le peuple ukrainien et les minorités ethniques divisées et opprimées qui font les frais de l’échec des négociations entre les deux gouvernements populistes. La République soviétique établie par la Russie après la révolution d’octobre 1917 préconisait l’établissement d’une alliance nationale volontaire.

L’Ukraine, qui avait été longtemps opprimée par la Russie impériale, a alors été libérée du carcan d’une nation subordonnée et de la haine du nationalisme, et a pu s’autodéterminer. Cependant, sous la dictature stalinienne, l’Ukraine est tombée aux mains du fascisme et de l’impérialisme. Dans l’ère post-soviétique actuelle, l’Ukraine est toujours un champ de bataille pour la Russie impériale de Poutine et les forces de l’OTAN. Il est clair que ni la collusion avec la Russie ni la confiance dans les puissances occidentales ne peuvent permettre de sortir de cette situation difficile. L’Ukraine ne devrait jamais être un pion dans la contestation des grandes puissances. Nous soutenons donc fermement l’autodétermination du peuple ukrainien, tout comme le gouvernement révolutionnaire ukrainien s’est battu pour la "liberté d’association", l’"internationalisme" et la "libération nationale" au début du 20e siècle.

IV. Que peut faire la communauté internationale ?
La meilleure façon pour la communauté internationale d’aider l’Ukraine tout en exerçant une pression sur la Russie est de : (i) de confisquer les biens et les actifs des oligarques et des fonctionnaires russes ; (ii) d’élaborer un plan visant à restaurer les zones touchées par la guerre et à soutenir la population locale avec les biens confisqués aux oligarques russes et ukrainiens, accumulés par le pillage et l’exploitation en premier lieu ; (iii) d’abolir la dette extérieure de l’Ukraine et de soutenir l’économie ukrainienne déchirée par la guerre. […] La communauté internationale ne peut pas compter sur les bureaucrates, mais doit s’unir et faire pression sur leurs gouvernements : à l’instar de ces actes vraiment significatifs dont ont fait preuve des milliers de manifestants anti-guerre en Russie, qui ont protesté contre les atrocités commises par leur gouvernement.

V. Que pouvons-nous faire à Hong Kong ?
Alors que la société civile de Hong Kong est également en recul, d’innombrables Hongkongais·es se préoccupent toujours de la situation en Ukraine. Certains journalistes courageux se sont portés volontaires pour documenter la situation dans la région, d’autres ont fait des dons au gouvernement et aux entreprises ukrainiennes, dans l’espoir d’aider l’Ukraine à lutter contre la Russie. Tout en déployant tous nos efforts pour aider l’Ukraine, nous ne devons pas oublier de rechercher les causes et les conséquences de cette guerre d’agression, et d’approfondir l’histoire multiethnique de l’Ukraine qui a été intentionnellement déformée, voire effacée. Nous devons également nous informer et nous donner les moyens d’agir, et tisser des liens avec tous les opprimés du monde.

Nous sommes aux côtés de tous les opprimés u monde.
Un groupe d’étudiant·es de l’université de Hong Kong
26 février 2022

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Publié ici

Traduction Patrick Le Tréhondat