Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes


vendredi, 3 juillet 2020

 
 

 

Black lives matter

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Le meurtre de Georges Floyd par un policier le 25 mai s’ajoute à la liste des Noir-es assassiné-es par la police aux Etats-Unis depuis des années. Ce que n’a de cesse de dénoncer depuis 2013 le mouvement Black Lives Matter, appuyé par des syndicats de plus en plus nombreux aux Etats-Unis. Déjà en 2016, lors de la grève historique du 1er avril des enseignant-es du syndicat CTU (Chicago Teachers union), la manifestation s’était achevée par un meeting lors duquel une représentante des Black Lives Matter avait pris la parole en soutien aux enseignant-es qui s’efforcent de donner un enseignement de qualités aux pauvres, Noir-es et Latinos pour une majorité d’entre eux et elles, tandis que la police de Chicago détenait déjà un triste record en matière d’assassinats d’hommes et de femmes noir-es. Dans un communiqué après l’assassinat de Georges Floyd, le CTU affirme : « nous continuerons à dire #BlackLivesMatter, à demander justice et à remettre en cause le racisme systémique ». Car c’est bien de racisme d’Etat qu’il s’agit ici encore. Racisme dénoncé par de nombreuses organisations syndicales aux Etats-Unis où, depuis quelques années, les syndicats se tournent à nouveau vers des questions sociales qui dépassent le seul cadre corporatiste. Ainsi à Minneapolis, le syndicat Minneapolis Federation of Teachers (enseignant-es) explique que 20% des enseignant-es sont noir-es alors que 75% des étudiant-es le sont. Le syndicat a appelé à rejoindre les manifestations en cours et à soutenir les étudiant-es qui s’y rendent. De nombreux autres organisations syndicales ont rédigé des déclarations demandant justice pour Georges Floyd, dont le Transit (ATU) Local 1005 (bus), UNITE HERE !, le CTUL, the Minnesota Nurses Association (Infirmier-es), la St. Paul Federation of Educators, et National Nurses United.

Le meurtre de Georges Floyd rappelle d’un manière glaçante, comme les images de son agonie sous le genou du policier, que le racisme est structurel aux Etats-Unis, pays où le 13è amendement de la constitution, rédigé après la guerre de sécession et l’abolition de l’esclavage, permettait de criminaliser le vagabondage – lot des esclaves libéré-es par les esclavagistes - et de le punir de peines de prison et... de travaux forcés... Rien n’a changé, clament aujourd’hui les manifestant-es partout dans le pays. Les suprématistes blancs continuent à parader en toute impunité, capuches et robes blanches dans les cortèges, soutenus par Trump et sa clique.On ne peut s’empêcher de faire aujourd’hui le rapprochement avec la conduite de la police dans d’autres pays. Le meurtre d’Adama Traoré en France en 2016 et les dernier-es conclusions médico-légales d’experts - dont la spécialité médicale est loin d’être en rapport avec les causes de sa mort - laissent voir une volonté d’étouffer l’affaire, encore, et de dédouaner la police de sa responsabilité. Aux Etats-Unis, les manifestations actuelles s’inscrivent dans une période d’épidémie du Covid 19, alors que les populations pauvres, noires, de certains quartiers, sont laissé-es pour compte, sans soins, avec un taux de mortalité record, sans approvisionnement aussi, mais où la police continue de sévir en toute impunité. Les contrôles de police, insultes et violences racistes dans les quartiers français pendant le confinement font bien sûr écho pour nous à ce qui passe aux Etats-Unis. La police française semble jouir aussi d’une impunité sans limites réelles, dans les quartiers populaires en premier lieu.

En France aussi les personnes noires sont victimes de racisme et font partie des populations les plus vulnérables face à pandémie. Parmi elles, les personnes sans-papiers sont sorties dans la rue, organisés avec la Marche de Solidarités, pour l’égalité des droits, le logement pour tou-tes, la fermeture des Centres de rétention et la régularisation de tous les Sans-papiers. Malgré l’interdiction de la marche parisienne, des milliers de Sans papiers et leurs soutiens ont manifesté ou se sont rassemblé-es dans plusieurs villes de France. Des pancartes « I can’t breathe » ont été brandies, en solidarité avec George Floyd et toutes les personnes qui dénoncent son assassinat aux Etats-Unis.

Le racisme, systémique, d’Etat, qu’on l’appelle comme on veut, est un fait dans les sociétés occidentales, il faut être désormais aveugle pour l’ignorer. Pendant ce temps, son poison continue à se répandre et à tuer !

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes demande justice pour George Floyd, pour Adama, justice pour toutes les victimes des violences policières et du racisme dans le monde !